Après une année 2022 qui n’a pas trouvé grâce à mes yeux malgré de grosses sorties, j’espère que 2023 va relever le niveau. Pour cela, je compte particulièrement sur l’arrivée de Starfield : même si la production de Bethesda ne m’attire pas plus que ça, pour l’instant, il reste ma plus grosse attente de l’année. Hogwarts Legacy qui, je l’espère, tiendra toutes ses promesses, est également sur ma liste.
![]()
Barème :
☆☆☆☆☆ : Exécrable
★☆☆☆☆ : Insignifiant
★★☆☆☆ : Divertissant
★★★☆☆ : Bon
★★★★☆ : Excellent
★★★★★ : Chef-d’œuvre
![]()

Je suis resté imperméable à la narration de Solar Ash (2021), un titre mélancolique qui a pour objectif de nous raconter la fin d’un univers. En fait, je trouve qu’il tient difficilement la comparaison face à The Pathless qui aborde plus subtilement des thèmes similaires. Toutefois, le dernier né de Heart Machine (Hyper Light Drifter) a un magnifique atout dans sa poche : il a le flow que devrait avoir un jeu Sonic. Rei, notre héroïne, se meut drôlement bien. Elle flotte tel un fantôme sur la surface molletonnée de cette drôle de planète aux teintes saturées. C’est fluide, vif et ça répond au doigt et à l’œil ! Le jeu s’offre même quelques séquences de bravoure quand le level-design joue avec la verticalité. On retrouve, le temps d’un court chapitre, la grâce d’un jeu de glisse, en évoluant de rail en rail pour espérer arriver au sommet en un seul morceau. Malheureusement – et cela rejoint mon premier point –, malgré cette fluidité remarquable, Solar Ash est aussi un jeu passe-partout. Il n’arrive pas suffisamment à se démarquer des autres descendants des créations de Fumito Ueda et de Jenova Chen.
Solar Ash
★★☆☆☆
![]()
50 niveaux… Est-ce que vous vous rendez bien compte de la dinguerie !? Astérix & Obélix : Baffez-les tous ! (2021) propose 50 niveaux ! On parle quand même d’un beat’em up… Et il ne s’agit pas ici de n’importe lequel, mais bien d’un beat’em up qui se contente du minimum syndical côté gameplay. Pour vous donner une petite idée, le jeu propose deux combos en tout et pour tout, un pour Astérix et un autre pour Obélix. Autrement dit, proposer 50 niveaux avec une telle recette, c’est juste complètement irrationnel. Et pour sûr que les joueurs et les joueuses repartiront avec un mauvais souvenir de ce Baffez-les tous ! une fois terminé ; on peut facilement le considérer comme trop long, paresseux et juger qu’il s’étire bien plus que nécessaire. Malgré tout, je dois bien l’avouer, je ne trouve pas cet Astérix & Obélix : Baffez-les tous ! désagréable. On peut même dire que, parfois, le soft arrive à m’amuser en me forçant à me déplacer à travers les différentes arènes blindées de Romains pour ne pas recevoir de lance(s) perdue(s) ou de coups de pied dans le dos. Je dirais même que le titre favorise, malgré lui, les déplacements plutôt que l’action. La production est plus ou moins sauvée par sa plastique réussie qui rend honneur au trait d’Uderzo.
Astérix & Obélix : Baffez-les tous !
★☆☆☆☆
![]()
Si les environnements dans lesquels on évolue sont minéraux, Cocoon (2023) se définit avant tout par sa dimension organique. Malgré des embûches par dizaines, souvent synonymes de petites énigmes, la progression reste limpide, d’une fluidité exemplaire. Il est par exemple rare de buter plus de cinq minutes sur une seule et même épreuve, et pourtant, le jeu ne donne jamais l’impression d’être trop facile ou de nous prendre par la main. Autrement dit, Cocoon offre un parfait équilibre de ce point de vue. Là où je suis un peu plus sceptique, c’est au niveau du rythme : la fin est soudaine ! Même si je ne suis pas client des productions qui s’étendent pendant des heures durant, pour moi, Cocoon se termine trop rapidement : il n’a pas le temps de délivrer son plein potentiel et donc de rendre son concept inoubliable. Quand débarquent les crédits de fin, on en ressort alors avec un petit goût amer en bouche.
Cocoon
★★★☆☆
![]()
Dans un monde idéal, Disney Speedstorm et DreamWorks All-Star Kart Racing (2023) auraient pu être complémentaires : le titre de Bamtang réussi là où celui de Gameloft échoue. Disney Speedstorm est magnifique, soigné dans le moindre détail, mais manque aussi cruellement d’inventivité. Ce n’est pas le cas de DreamWorks All-Star Kart Racing qui a pour vraie qualité sa fantaisie. En plus d’être variés, les différents tracés sont bien dessinés, avec des virages serrés, des raccourcis bien dissimulés ou non, des passages sous l’eau et d’autres dans les airs. Le problème, c’est qu’excepté son imagination, le titre n’a pas grand chose pour lui : rien n’a été pensé pour rendre la formule accessible aux plus jeunes ; pire, le jeu vient constamment mettre des bâtons dans les roues des débutants. Le level-design induit en erreur, pousse à privilégier les hauteurs alors qu’il est conseillé de garder ses quatre roues bien ancrées au sol pour rouler à pleine puissance, et tout ce qui touche aux objets est complétement foutraque. Un titre qui loupe sa cible donc ! ♦ Lire le test sur Gamatomic
DreamWorks All-Star Kart Racing
☆☆☆☆☆
![]()
Goldorak : Le Festin des Loups (2023) manque d’une direction et ne fait pas nécessairement les bons choix artistiques pour représenter la démesure de son héros. Il opte pour une caméra à l’épaule comme le ferait n’importe quel TPS – ce qui n’a aucun sens – et s’embête jamais à mettre en place une échelle cohérente, humaine : on a alors la curieuse impression d’évoluer sur des maquettes pas toujours très bien ficelées. Mais le titre reste malgré tout une expérience honnête, respectueuse du matériau d’origine et sait même se montrer plaisant lorsque qu’il fait parler les poings. En cherchant la simplicité, Goldorak : Le Festin des Loups retrouve l’essence des premiers beat’em up 3D. Et comme le jeu souhaite avant tout jouer avec la nostalgie des joueurs et des joueuses en ressuscitant une saga disparue, on peut dire que le pari est réussi. ♦ Lire le test sur Gamatomic
Goldorak : Le Festin des Loups
★★☆☆☆
![]()
Pensé comme un jeu à la carte, Alan Wake II (2023) propose deux visions différentes de notre médium, tout en restant cohérent – ce qui démontre déjà d’une certaine maîtrise. Tout l’arc de l’inspectrice Saga Anderson est, disons, plus conventionnel : il reprend les bases d’Alan Wake premier du nom, et en profite pour soigner ses atours. Ce segment donne véritablement l’impression d’évoluer dans un espace ouvert et aux dimensions réalistes. L’agencement des lieux et la manière de les aborder – en toute liberté donc –, rappellent notamment celle de Resident Evil 2 Remake, ce qui est plutôt une bonne chose, étant donné l’efficacité du titre de Capcom. La partie avec Alan, quant à elle, s’adonne à des expérimentations hypnotiques et transforme son récit en une œuvre transmédiatique pour mieux explorer les méandres de l’esprit tourmenté de l’écrivain et questionner ce qui tient de la fiction ou du réel. J’aurai qu’une seule chose à reprocher à Alan Wake II : il est plus bavard que nécessaire, il a tendance à ré-expliquer à plusieurs reprises ce que l’on avait déjà compris. Dans tous les cas, Alan Wake II incarne aujourd’hui mon jeu de l’année 2023. ♦ Lire le test sur Gamatomic
Alan Wake II
★★★★☆
![]()
Dans un monde idéal, Party Animals (2023) aurait pu améliorer la recette proposée par Gang Beasts en corrigeant tout simplement ses manqués… Spoiler, ce n’est pas le cas ! Si Party Animals arrive bel et bien à combler les erreurs du jeu de Boneloaf Games en débarquant avec un meilleur univers visuel et un mode Online qui tient la route – le plus gros problème de Gang Beasts –, il arrive malheureusement à oublier les fondamentaux. Party Animals se contente vraiment du minimum syndical côté gameplay : il y a seulement deux touches, une pour frapper et une autre pour saisir, alors qu’il aurait vraiment fallu reprendre toutes les idées de sa référence, soit octroyer une touche pour chaque bras, pour ouvrir le champ des possibles. La faute à ce gameplay manquant de fond, les situations peinent à se renouveler d’une partie à une autre, et l’ennui pointe vite le bout de son nez.
Party Animals
★☆☆☆☆
![]()
Marvel’s Spider-Man 2 (2023) est sorti trop tôt, beaucoup trop tôt. Rien ne justifiait l’arrivée de cette suite : aucun bond technologique, aucune idée marquante, aucune vision globale, si ce n’est de prendre la même direction que les films Marvel. Avant même de lancer le jeu, j’étais réticent quant à l’idée de me retaper une troisième fois – en 5 ans – la même formule, et bien évidemment, ça n’a pas loupé. Au bout de quelques heures seulement, j’étais déjà las de me balancer de buildings en buildings, de survoler une ville que j’ai mainte fois survolée et de revoir exactement les mêmes combos et autres finish-moves. Le jeu a même l’indécence de faire moins bien que ses prédécesseurs à ce niveau là, la faute à un level-design plus terre-à-terre et à des séquences d’infiltration réduites à peau de chagrin. Marvel’s Spider-Man 2, c’est donc le jeu pop-corn par excellence, celui qu’on englouti sans s’en rendre compte, si ce n’est si l’ennuie pointe le bout de son nez. Et pour qu’il devienne nécessaire, il aurait dû patienter dix bonnes années pour nous mettre une claque visuelle comme en 2018.
Marvel’s Spider-Man 2
★★☆☆☆
![]()
Outre une incroyable playlist et de nombreuses références au cinéma américain, et plus particulièrement à celui de De Palma, Grand Theft Auto : Vice City (2002) n’a pas grand-chose à raconter ni à offrir. Le jeu se contente des acquis de son aïeul lancé un an plus tôt pour transposer la recette à succès dans une toute nouvelle ville, la fameuse Vice City. Malheureusement, cette dernière s’apparente plus à un simple terrain de jeu qu’à un véritable monde taillé sur mesure. La carte est bien moins inspirée, la faute à une construction en miroir de ses deux parties et à de gigantesques zones laissées-pour-compte qui parsèment une bonne partie de la map. Le seul vrai argument de Vice City par rapport à son prédécesseur, c’est qu’il expédie son « scénario » en cinq petites heures pour mieux se concentrer sur l’aspect bac-à-sable, ici prenant tout son sens grâce à l’arrivée de petites entreprises à acheter et à gérer.
GTA Vice City
★★★☆☆
![]()
Journey (2012) doit se contempler comme une peinture. Derrière les couleurs pastel, les teintes estompées, les paysages majestueux, les interactions et même le sable se cache une infinité de symboliques qui renvoie constamment à une même idée : la mort, ou plutôt, la vie ! Même la dimension multijoueur a été pensée pour raconter quelque chose : chaque rencontre peut représenter un ou une ami(e), un ou une camarade, un époux ou une épouse, ou même un amour unique. À partir de là, difficile de voir autre chose en Journey qu’un magnifique chef-d’œuvre, inoubliable, qui peut en plus se vanter d’avoir inspiré bon nombre de productions vidéoludiques : Jusant et Death Stranding pour les plus récents, mais aussi RIME, ABZÜ ou encore OMNO. Journey c’est donc la preuve vivante que le jeu vidéo est un art à part entière. À faire et à refaire ! ♦ Visionner l’analyse sur YouTube
Journey
★★★★★
![]()
Le hérisson bleu qui a fait un départ fulgurant sur MegaDrive a bien du mal à se faire une place dans le paysage vidéoludique depuis l’avènement de la 3D. Et si Sonic Superstars (2023) essaye de rectifier le tir, sachez qu’il se prend, lui aussi, les pieds dans le tapis. Outre la variété des environnements, rien ne va dans ce nouvel épisode qui a pour première ambition de moderniser la formule. Les différentes nouveautés apportées pour aller dans ce sens sont bien trop timides. Pour tout vous dire, on peut faire l’intégralité de Sonic Superstars sans même utiliser l’une des fonctionnalités inédites, les fameux pouvoirs Émeraudes. Notons également que le mode multijoueur, pourtant mis longuement en avant pendant la période marketing du jeu, est parfaitement injouable, et que l’ensemble manque cruellement d’idées. Un épisode de plus à éviter donc ! ♦ Lire le test sur GamingNewZ
Sonic Superstars
★☆☆☆☆
![]()
DON’T NOD, anciennement Dontnod, a bien mérité sa nouvelle appellation : Jusant (2023) prouve que le studio est enfin capable de s’éloigner de la formule « Life is Strange » pour offrir une proposition différente, mais surtout réussie. Si le soft ne brille pas par son originalité – étant donné qu’il reprend beaucoup de ses références (Journey en tête) – ni par son gameplay qui effleure tout juste le monde de l’escalade, il fait de ce gigantesque phare naturel, un univers captivant. Jusant a une vraie maîtrise de la narration environnementale : chaque lieu déserté, chaque bâtisse abandonnée, chaque objet oublié témoignent d’une vie passée. Ces souvenirs d’autrefois sont au service d’une grande histoire : Jusant est avant tout une réécriture de la Tour de Babel – épisode biblique qui montre la prétention de l’homme à vouloir égaler la puissance divine –, pour la transformer en une fable écologique moderne et maîtrisée. ♦ Lire le test sur Gamatomic
Jusant
★★★☆☆
![]()
Drôle malgré lui, Le Crime de l’Orient-Express (2023) peut vous procurer de francs moments de rigolades, ou au contraire vous horripiler par sa bêtise constante. Entre des dialogues absolument lunaires, : « J’enseigne au Royaume-Uni. – Oh, c’est en Angleterre n’est-ce pas ? », des situations abracadabrantes, des énigmes mal intégrées et des animations complètement cassées, cette énième adaptation du grand classique de la littérature anglaise a bien du mal à rendre honneur au roman auquel il s’inspire. Il y a heureusement quelques fulgurances ici et là, grâce à l’arrivée d’un personnage inédit – Johanna Locke –, et de la mise en place d’une dernière ligne droite qui révèle ce que le jeu aurait dû être : d’un coup apparaît des casse-têtes originaux et vraiment bien sentis où il faut obligatoirement faire coopérer nos deux protagonistes jouables pour avancer, à croire que deux équipes différentes ont travaillé sur ce même projet. ♦ Lire le test sur Gamatomic
Le Crime de l’Orient-Express
★☆☆☆☆
![]()
Sans surprise, Hot Wheels Unleashed 2 Turbocharged (2023) est dans la stricte continuité du premier opus sorti deux ans plus tôt. Il débarque toutefois avec une poignée d’ajustements qui font la différence. Et c’est surtout ça que l’on retiendra. Avec Turbocharged, fini les situations crispantes qui pouvaient gâcher l’ambiance et place au fun, sans désagrément. Les courses s’enchainent sans que la physique ou la caméra fassent des siennes – ce qui change drôlement la vie – et on se laisse happer par notre collectionnite aiguë, qui est toujours l’un des points forts du soft. Dans un soucis de variété, le jeu propose également quelques petites nouveautés, avec l’arrivée d’activités inédites et de plusieurs types de véhicules supplémentaires (moto, quad, Monster Truck), mais on ne vas pas se mentir, c’est plus de l’ordre du cosmétique que de l’indispensable. Autrement dit, si vous avez apprécié le premier opus, vous pouvez être sûr d’aimer cette suite, et ce, malgré un sentiment de déjà-vu. ♦ Lire le test sur GamingNewZ
Hot Wheels Unleashed 2 Turbocharged
★★☆☆☆
![]()
Contrairement à Steep qui se présente comme une véritable lettre d’amour au monde de la glisse, Riders Republic (2021) a la curieuse manie de ne jamais comprendre les disciplines qu’il représente. Une course de vélo, une descente en skis, une session en snow ou en skateboard ne partagent pas la même philosophie, et par essence, ne peuvent pas bénéficier de la même approche, et pourtant Ubisoft Annecy l’a fait : chaque sport se manipule de la même manière. À partir de là, il y a forcément des activités maltraitées (le wingsuit, le ski et le snowboard) et d’autres favorisées, à commencer par le vélo qui offre de très bonnes sensations, surtout en vue à la première personne. En plus de vouloir tout faire, quitte à mal faire, Riders Republic ne récompense jamais l’expérimentation, pire, il rend le tout frustrant, la faute à ces gameplay uniformisés donc, mais aussi à ce terrain de jeu balisé qui a peur de laisser le joueur dans l’inaction. Le titre impose constamment son hyperactivité et sa pluie d’activités pas toujours bien senties, passant ainsi l’aspect contemplation de Steep complètement à la trappe. Dommage !
Riders Republic
★★☆☆☆
![]()
Tout porte à croire que MK11 n’était qu’un heureux accident… Après avoir compris et sublimé le versus fighting en soignant aussi bien le fond que la forme, la saga phare de NetherRealm Studios retourne à ses travers. Mortal Kombat 1 (2023) – un jeu que je soupçonne être sorti à la va-vite pour des questions financières – favorise à nouveau l’aspect « spectacle » au détriment du reste. Roi de l’esbroufe, le titre camoufle sa rigidité par des effets clinquants omniprésents et un gameplay sous caféine, contrairement à Street Fighter 6 qui a fait le judicieux choix de temporiser l’action. Ce parti-pris étonnant accentue les défauts et souligne d’autant plus le manque de travail au niveau du chara-design et des animations, qui se sont dégradées. Même l’image en prend un coup, la faute à un filtre granuleux qui vient la détériorer, des éclairages inégaux et une direction artistique impersonnelle ; il suffit de comparer le positionnement de la caméra virtuelle entre MK11 et MK1 pour voir le gouffre qui sépare les deux jeux. La seule chose que Mortal Kombat 1 peut se vanter de faire mieux que son aîné, c’est le mode Histoire. Ce nouveau récit à hauteur humaine fait évoluer le joueur en même temps que ses personnages, et ça, c’est vraiment une bonne idée. ♦ Visionner le Speedtest sur YouTube
Mortal Kombat 1
★☆☆☆☆
![]()
Le problème, ce n’est pas que Starfield (2023) est un Skyrim dans l’espace, c’est qu’il est un Skyrim dans l’espace en moins bien. Dans sa quête de l’infiniment grand, Starfield en oublie l’infiniment petit. Les terrains de jeu s’agrandissent, oui, mais au détriment du détail. On a donc 1000 planètes à explorer, mais combien sont intéressantes ? Combien valent Diamond City ou Blancherive ? Aucune ! 95% des planètes ne sont que des gigantesques cailloux, pratiquement lisses, qui abritent une base abandonnée et quelques animaux extraterrestres rappelant les débuts de No Man’s Sky. Et s’il est difficile de ne pas d’abord succomber au charme de certaines villes, elles aussi se révèlent factices. Rien n’est organique. On n’a pas le temps de poser pied à terre que les différentes quêtes explosent aux visages. On est constamment sollicité, ce qui laisse peu de place à la curiosité. Les PNJ, quant à eux, occupent simplement l’espace pour faire illusion. Il suffit de jeter un œil à New Atlantis, une ville gigantesque mais fantomatique, pour s’en rendre compte. Starfield est broyé par sa démesure. Pour tenir, il est obligé de lisser ce qui donnait de la consistance à Skyrim, Fallout 3 et 4. Et c’est pour moi ce qui en fait le plus mauvais jeu Bethesda, et ce, malgré une nette amélioration des phases de combat. ♦ Visionner le Speedtest sur YouTube
Starfield
★☆☆☆☆
![]()
En dehors du fait que House of Ashes (2021) profite de magnifiques animations que j’aimerais retrouver dans n’importe quel TPS – on a véritablement l’impression d’être dans un film d’action –, notez que la production est aussi la meilleure création signée Supermassive Games, et ce, depuis bien longtemps – en même temps, vous allez me dire que ce n’est pas très difficile (et vous avez raison). En fait, en faisant le choix de ne pas mettre une énième fois en scène des adolescents, House of Ashes arrive à entrer plus rapidement dans le vif du sujet. Honnêtement, ça fait du bien ! Bien évidemment, tout n’est pas parfait, il y a notamment un manque de variété au niveau des décors et des situations – sûrement à cause d’un manque de budget flagrant –, la fin est un poil expéditif, et un personnage en particulier est plus qu’agaçant… Heureusement que ce dernier, dans ma partie, a vite trouvé la mort !
House of Ashes
★★☆☆☆
![]()
À force d’être en rupture avec les codes – et même avec ses propres codes – pour se sentir différent, Inscryption (2022) loupe le coche. En abandonnant sa première formule au profit d’une autre, le jeu s’auto-s’aborde. On a l’impression de perdre au change. Pire, on en vient à regretter les premières heures qui avaient tout pour plaire : une approche originale, entre rogue-like et jeu de rôle papier, des visuels réussis et une ambiance énigmatique qui tient en haleine. Le côté mystérieux d’Inscryption est d’ailleurs pour moi l’une des plus grande force du soft, mais encore une fois, tout se perd à la fin de l’Acte I. D’un coup, d’un seul, le titre révèle trop d’informations, ce qui casse complètement le mystère. Le jeu ne sait jamais faire dans la demi-mesure, soit il transforme radicalement sa proposition, ce qui a le don de déstabiliser et de décevoir, soit il en dit trop. Ce malheureux combo me fait penser qu’Inscryption aurait gagné à être plus terre-à-terre, ou plutôt de se contenter d’une seule et unique idée : la première, qui est définitivement la meilleure. Un jeu au potentiel gâché donc.
Inscryption
★★☆☆☆
![]()
À l’image d’un Tetris ou encore d’un Pac-Man, Shotgun King (2023) est un titre au langage universel qui parle aussi bien aux hardcore gamers qu’aux joueurs d’échecs chevronnés et aux nouveaux venus qui n’ont jamais touché à un jeu vidéo. Un constat plutôt paradoxal, puisque le jeu d’échecs vidéoludique de PUNKCAKE Délicieux emprunte aux rogue-like, un genre connu pour sa difficulté retorse. C’est justement là que le soft frappe fort : une simple aide que l’on peut activer (ou non) permet de changer l’expérience du tout au tout. Dans un premier temps, on peut pester sur le fait que Shotgun King perd ce qui fait le sel du jeu d’échecs, en mettant l’observation, la patience et la réflexion de côté. Mais en désactivant l’aide, on a le résultat inverse : le titre ressemble à un parfait mélange entre un jeu de stratégie au tour par tour et un véritable casse-tête. Comme tout rogue-like qui se respecte, le tout est en plus hautement addictif et donne sans cesse envie de se surpasser. Si pour finir, je peux vous donner un petit conseil, privilégiez la version PC, qui profite d’une meilleure ergonomie. ♦ Lire le test sur GamingNewZ
Shotgun King
★★★☆☆
![]()
En plus de proposer des personnages haut en couleur, Red Dead Redemption II (2018), malgré des longueurs, décrit avec brio un monde sauvage en perdition. Cet univers, au sens du détail démesuré, transpire la poussière, dévoile des séquences dantesques et comporte encore et toujours des graphismes à couper le souffle. En dehors des missions un peu trop scriptées à mon goût, les scènes d’action sont absolument sublimes. Elles mettent en avant une violence crue, reflet de cette époque, en mettant à disposition des joueurs de nombreux moyens pour prendre d’assaut un camp ennemi : approche furtive, système de combat au corps-à-corps complet, arsenal varié et option Sang-froid qui permet de ralentir le temps et de gagner en précision. Les réactions des ennemis sont, quant à elles, extrêmement crédibles. Les visages se déforment sous le poids de nos phalanges et la colère comme la souffrance se lisent dans leurs yeux. Autrement dit, les séquences s’enchaînent, mais ne se ressemblent jamais. ♦ Lire l’analyse sur PADologie
Red Dead Redemption II
★★★★★
![]()
Si le « multijoueur » peut être au service d’un concept, d’un discours, parfois, il peut aussi faire figure de véritable cache-misère. Fortnite, avant d’être ce qu’il est devenu – un jeu événementiel –, n’était qu’un Messenger interactif géant et gratuit qui permettait de retrouver ses amis le soir. The Texas Chainsaw Massacre (2023) me fait malheureusement le même effet… Si j’ai pris mon pied sur le jeu, c’est parce que j’étais bien accompagné. La dimension sociale a pris le dessus sur mon activité de joueur. Mais que se passe-t-il lorsque l’on retire cette dimension ? Le château de cartes s’écroule ! Il ne reste alors plus qu’une production superficielle, qui n’a que l’aura de sa licence comme plus-value. En jouant en solo, on se rend tout simplement compte que The Texas Chainsaw Massacre enferme rapidement ses joueurs dans une forme de routine. Grosso modo, c’est un Dead By Daylight avec du budget, mais qui se paye le luxe de tourner encore plus rapidement en rond, la faute à l’absence de données aléatoires. Tous les objets importants sont posés exactement à la même place d’une manche à l’autre. Conclusion, toutes les parties se ressemblent.
The Texas Chainsaw Massacre
★☆☆☆☆
![]()
N’ayons pas peur des mots, c’est franchement con ! Mais malgré tout, ça fonctionne. En même temps, Kill It With Fire (2021) se donne du mal pour aller au bout de sa connerie, et rien que pour ça, je dis chapeau. Entre un détecteur de mouvement façon Alien Isolation, des étoiles ninja, un M16, du C4 et même une arme nucléaire, le jeu de Casey Donnellan propose toujours plus d’idées, et donc de possibilités, pour venir à bout de ces êtres rampants et inoffensifs que sont les araignées. La recette marche tellement bien que je n’ai pas lâché le pad avant de voir les crédits de fin, alors qu’honnêtement je ne pensais pas m’attarder sur le jeu au-delà d’une poignée de minutes. Vous l’avez compris, si vous ne savez pas quoi faire un dimanche d’après-midi pluvieux et que vous n’avez pas envie de partir dans une aventure longue de plusieurs heures, c’est Kill It With Fire qu’il vous faut.
Kill It With Fire
★★☆☆☆
![]()
Sous ses airs de jeu enfantin, Tchia (2023) a tout d’un grand. Il fait ce que beaucoup de productions normalement destinées aux adultes s’interdisent de faire, en mettant l’emphase sur l’exploration. Notre héroïne, pour se repérer dans l’espace, a pour seuls outils une vieille boussole et une carte format papier, qui ne comporte bien évidemment pas la mention « vous êtes ici ». Tout le merveilleux de la découverte se fait alors ressentir, et ce, malgré le fait que le jeu succombe un peu trop aux sirènes du remplissage : 90% des activités principales et secondaires se contentent de coffres à ouvrir et de camps ennemis – pas très palpitants – à vider. Mais la force du titre réside de toute façon ailleurs : Tchia, c’est avant tout l’amour du partage ! Le jeu en fait le cœur de son récit, via ces offrandes qu’il faut remettre aux chef·fe·s des différents villages, et Awaceb, son objectif. Avec Tchia, le studio nous fait découvrir une langue néo-calédonienne – le drehu –, des musiques incroyables et toute la richesse d’une culture. Tchia, c’est donc un voyage que je recommande chaudement !
Tchia
★★★☆☆
![]()
Pourtant simple transposition en trois dimensions de GTA 2 – on y retrouve ses idées et même son sound-design –, GTA III (2001) s’impose comme une véritable révolution vidéoludique : c’est simple, toute la formule Grand Theft Auto est enfin là. Décomplexé, le titre de Rockstar Games dévoile un univers cohérent, vivant, qui fait tout pour ne jamais casser l’immersion et offrir une liberté sans pareil. La ville de Liberty City, malgré sa taille modeste, frappe par son réalisme et sa construction qui, aujourd’hui encore, donne une impression d’immensité. On adore s’y perdre, du fait de l’absence de véritable carte, et se mélanger avec ses habitants qui n’hésitent pas à semer le chaos. Le cycle jour/nuit, qui est aussi un exploit pour l’époque, tout comme la météo évolutive, contribue grandement à donner vie à cette métropole en dévoilant des ambiances variées. S’il manque quelque chose à ce GTA III, en dehors de vraies mécaniques pour les gunfights, c’est bien au niveau de l’écriture. Contrairement à ses suites, le titre manque de dérision et fait de son histoire biberonnée au film noir un simple prétexte pour relier les missions. J’ai envie d’ajouter que GTA III est un peu GTA IV avant l’heure. Les deux titres partagent la même ambition finalement : représenter une « réalité » et la rendre la plus crédible possible. La conduite des véhicules a une approche réaliste par exemple, et le parcours de notre anti-héros ne s’éloigne pas tant de celui de Niko Bellic. ♦ Visionner le Speedtest sur YouTube
GTA III
★★★★☆
![]()
Reboot du Reboot ! Si Gears 5 (2019) donne de la consistance à ses personnages, il fait aussi le choix d’oublier ce qui avait déjà été écrit. Cela donne l’impression que la saga est en roue libre, qu’elle peut à tout moment déconstruire tout ce qui a été battit. Mais malgré son envie de ré-écrire l’histoire, côté gameplay, ça ne bouge pas d’un iota (encore une fois). On se retrouve alors avec un gameplay bête et méchant qui consiste une fois de plus à tuer tout le monde et tout détruire sur son passage. Et les rares fois où le titre essaye de sortir des sentiers battus, c’est pour mieux échouer. Toutes les phases – beaucoup trop nombreuses – en zone semi-ouverte cassent le rythme, dispersent les enjeux et dévoilent aux yeux du monde toute la superficialité du soft. Pour moi, Gears 5 incarne tout simplement l’épisode de trop, celui qui n’a malheureusement pas grand chose à offrir.
Gears 5
★☆☆☆☆
![]()
Tout comme pour Magic Orbz, j’aime comment Shatter (2009) détourne le casse-brique traditionnel… Sauf que ce dernier le fait intelligemment. Il en profite pour ré-inventer tout le vocabulaire du genre pour constamment surprendre le joueur. Il change l’axe de la caméra, déforme les règles, ajoute des mécaniques inédites – notre vaisseau est un aimant qui peut attirer ou repousser les briques – et emprunte régulièrement au shoot’em up. Franchement, c’est du tout bon ! Surtout qu’il propose par la même occasion un voyage aussi bien auditif que visuel, grâce à une bande-son électronique mémorable qui colle parfaitement à l’univers et à direction artistique minimaliste qui, aujourd’hui encore, fait mouche. Une fois devant Shatter, il est tout simplement impossible de décoller de son siège avant de voir les crédits de fin, tant la production de Sidhe maitrise à la perfection son sujet.
Shatter
★★★★☆
![]()
Ce n’est pas pour rien qu’il existe d’un côté des jeux vidéo et de l’autre des jeux de plateau… Et cette énième adaptation du Monopoly prouve une fois de plus que les deux supports sont difficilement compatibles. Que ce soit l’interface de jeu qui ne permet jamais d’avoir une vision d’ensemble, ou le trop grand nombre de temps morts – les pions contrôlés par l’I.A. prennent clairement leur temps, tout comme les différentes animations –, rien n’a été pensé pour faire de ce Monopoly Plus (2014) un vrai objet vidéoludique. C’est simple, il est bien plus agréable de ressortir l’une des versions du vrai jeu de société, plutôt que de se farcir ces menus indigestes, cette I.A. dont on a peine à croire qu’elle joue vraiment avec le hasard, ou ces nouvelles règles qui permettent d’avoir le monopole du plateau en deux ou trois tours seulement. Un titre à éviter, vraiment !
Monopoly Plus
☆☆☆☆☆
![]()
Même si je sais pertinemment que je ne fais pas face à une grande œuvre, j’ai toujours apprécié Magic Orbz (2009) pour son enrobage – plutôt joli – qui nous éloigne du casse-brique traditionnel. Mais force est de constater qu’en dehors de sa mini-prouesse technique et de son univers tout en 3D, le titre n’a pas grand chose à offrir. Le tout est fortement perfectible : il y a un gros manque d’idée, la physique est souvent aléatoire, les rebonds parfois incompréhensibles, et surtout, le contenu est réduit à peau de chagrin. Magic Orbz ne propose que deux types d’environnements, et seul l’un d’eux vaut le détour. Pour davantage de contenus, il faut bien évidemment se tourner vers les nombreuses extensions du soft. Malheureusement, à l’heure où j’écris ces lignes, elles ne sont plus disponibles à l’achat (étant donné que le titre est seulement disponible dans l’offre PlayStation Plus Premium).
Magic Orbz
★☆☆☆☆
![]()
Inspiré, vraiment ! Pinball Heroes (2013) rend hommage aux héros de l’univers PlayStation d’une très belle manière. Chaque table – représentant à chaque fois une franchise différente – est fidèle à son inspiration, aussi bien dans les défis qu’elle propose que sur le plan artistique ; les visuels comme la bande sonore reprennent les codes des différentes licences (Uncharted, Fat Princess, Pain, WipEout et bien d’autres). Par contre, Pinball Heroes manque d’un brin de précision pour être un excellent jeu de flipper. Il est par exemple impossible de jauger convenablement la puissance de ses frappes, ce qui réduit considérablement les possibilités, et la difficulté est plus que variable d’une table à l’autre. Pour vous donner une petite idée, sur certaines, il est possible d’enregistrer un score qui s’élève à plusieurs millions, et sur d’autres, il est plus que difficile d’atteindre les 100.000 points.
Pinball Heroes
★★☆☆☆
![]()
D’un trop grand classicisme ! Si Gears of War premier du nom a été une petite révolution, ses suites n’ont jamais réussi à transcender la formule initiale. Gears of War 4 (2016), pourtant présenté comme un soft-reboot, souffre bien évidemment des mêmes tares que ses aînés. Jamais surprenant, répétitif et d’une timidité exemplaire, le jeu n’a tout simplement pas grand chose à offrir si ce n’est des affrontements qui tournent en rond. Mais de par ses inspirations – le buddy movie – et le fait qu’il s’assume pleinement en tant que blockbuster bas du front, il dégage un petit quelque chose. Sur le long, le titre devient vraiment attachant, et ça, on le doit à tous ses personnages, drôles, habités, unis et crédibles. Oui, vous avez bien lu, la force de Gears of War 4, ce n’est pas son action sans temps mort ou le fait que ce soit une vitrine technologique, mais bien son écriture.
Gears of War 4
★★☆☆☆
![]()
Alors, oui ! Super Mario 64 (1996), c’est une révolution ! C’est une prouesse technologique qui a énormément apporté aux platformers et même au jeu vidéo dans l’absolu. Il a une vraie conception de l’espace, du monde qui nous entoure, et ce, à une époque où la 3D n’était qu’à ses balbutiements. Mais l’avez-vous fait jusqu’au bout ? Nan, parce que, si dans un premier temps Super Mario 64 est une perle qui dévoile un gameplay fluide et organique – notre plombier moustachu bouge drôlement bien –, rapidement, soit une fois que l’on a terminé les cinq premiers tableaux, le titre se casse complètement la gueule. Le génie du début et les niveaux emblématiques que l’on a faits et refaits durant notre plus jeune âge laissent place à des stages aux level-design complètement sans intérêt, cassé, qui aurait pu être réalisé par n’importe qui. Une révolution, mais saccagée sur la durée donc !
Super Mario 64
★★★☆☆
![]()
Carrément déçu… Autrefois, sa photographie, ses idées de mise en scène, son utilisation de la fonctionnalité PlayLink et ses nombreuses références cinématographiques (le cinéma italien et plus précisément le Giallo) m’avaient mis des étoiles dans les yeux. Honnêtement, c’était un coup de coeur. Aujourd’hui, même si je trouve Erica (2019) encore magnifique – il est tout simplement impossible de ne pas succomber face à certains plans –, sa beauté ne m’aveugle plus. Bien au contraire : ses défauts, en nombre, me sautent aux yeux ! Erica a un gros problème d’écriture et de rythme : si toute la première partie prend diablement son temps – ce qui est une bonne chose –, la deuxième, elle, est bien vite expédiée. On se retrouve alors à finir le jeu en ayant plus de questions que de réponses, ce qui donne l’impression que le tout a été bâclé à la va-vite pour respecter une date de sortie.
Erica
★★☆☆☆
![]()
La saga Street Fighter n’a jamais aussi bien porté son nom. 30 ans, une multitude de spin-off et six épisodes canoniques ont été nécessaires pour qu’enfin la licence épouse la définition de son terme « street » : avec World Tour, Street Fighter 6 (2023) souhaite transmettre les codes de la rue, de la culture hip-hop. Mais si les intentions sont louables, Street Fighter 6 oublie l’essence même de ce mot. La rue n’est pas seulement un environnement avec des graffitis ici et là, c’est un mode de vie, un espace vivant, bruyant aussi, où de nombreuses personnes vaquent à leurs occupations. Et là, clairement, Metro City n’a pas d’âme. L’ambiance hip-hop est complètement diluée, tandis que la ville manque de densité : les bâtiments sont lisses, génériques, inhabités et le sound-design complètement en retrait. Autrement dit, la ville du mode World Tour a seulement été pensée en tant qu’espace de jeu pour mettre en place des mécaniques précises, plutôt que comme un véritable écosystème. Toutefois, Street Fighter 6 n’est pas un mauvais jeu, bien au contraire. Une fois que l’on entre dans l’arène, le titre redevient le king qu’il a toujours été. Les 18 personnages du roster puent la classe et chaque affrontement est intense, tant il est difficile de savoir à l’avance l’issu d’un combat. Désormais, connaître les différents combos sur le bout des doigts n’est plus forcément synonyme de victoire, puisque pour la première fois dans l’histoire de la saga, il y a un parfait équilibre entre attaque et défense. Chapeau donc ! ♦ Visionner la critique sur YouTube
Street Fighter 6
★★★☆☆
![]()
Généreux en contenu, Dead or Alive 5 : Last Round (2015) séduit par son casting XXL, ses nombreux modes de jeu et ses costumes par dizaines. Toutefois, à trop faire dans le sensationnel, cet épisode, contrairement à ses ancêtres, a bien du mal à marquer les esprits. Visuellement déjà, c’est très brouillon, trop fouillis. Les différents niveaux perdent alors de leur charme et les affrontements en lisibilité. Le gameplay pâtit également de cette surenchère, de cette envie de toujours surprendre : désormais, l’attaque est vraiment au centre de l’attention, ce qui déséquilibre la teneur des combats. Les différents personnages ont également perdu de leur complémentarité : à quelques exceptions près, tous sont polyvalents et se contrôlent de la même manière. L’ajout d’un Super – dorénavant indissociable du genre – qui s’active exactement de la même façon d’un combattant à un autre souligne d’ailleurs ce problème.
Dead or Alive 5 : Last Round
★★☆☆☆
![]()
Beau, intuitif, apaisant aussi, Dorfromantik (2022) est le jeu idéal pour ne pas voir le temps passer lors d’un – trop – long trajet. Mais tout comme pour Townscaper, le jeu de Oskar Stalberg, une fois l’effet de surprise passé, la production trouve rapidement ses limites. Il y a un vrai manque de possibilités : à vrai dire, le soft ne se renouvelle jamais. Il ne propose que peu de tuiles différentes, et impose constamment une marche à suivre pour ne pas faire face à un infâme Game Over. Notons également que Dorfromantik n’a que peu d’objectifs, si ce n’est celui d’exploser toujours plus les scores. Toutefois, le projet de ToukanaInteractive n’est pas bien calibré pour être un Die & Retry en puissance. Les parties sont extrêmement longues : une fois le jeu maîtrisé, elles peuvent durer plusieurs heures. Il faut alors redoubler de courage pour tenter une nouvelle run après une défaite.
Dorfromantik
★★☆☆☆
![]()
Je pensais que le Versus Fighting 3D et moi, c’était de l’histoire ancienne ; avec les récents Tekken 7, SoulCalibur VI et autre Dead or Alive 6, comment penser autrement ? Puis j’ai relancé un de mes vieux classiques : Dead or Alive 2 dans sa version Ultimate (2004)… et c’est la claque – à nouveau ! Le jeu, 20 ans après sa sortie, peut encore se targuer d’être une prouesse aussi bien technique (Ratchet & Clank : Rift Apart n’a qu’à bien se tenir) que visuelle, tant aujourd’hui encore, du moins sur Series X, il tient tête aux ténors du genre (au contraire de DOA 5 et 6 qui ont – bizarrement – davantage subi le poids du temps). Son gameplay, organique, figure en plus au-dessus au lot. Chaque personnage se joue différemment, là où les derniers épisodes tendent à vouloir tout uniformiser, tandis que les différents affrontements proposent un bon équilibre entre attaque et défense. Ce qui est drôle, c’est que finalement, ce que je pensais ado’ être son plus gros atout – la verticalité des arènes – devient aujourd’hui une feature anecdotique à mes yeux.
Dead or Alive 2 Ultimate
★★★☆☆
![]()
Plus spectaculaire et orienté action qu’un Mario Kart, Disney Speedstorm (2023) est le concurrent qu’il fallait. Le jeu, visuellement réussi et à la bande-son inspirée, propose des tracés variés et surtout un gameplay vif et dynamique. Manette en mains, et ce, malgré quelques séquences brouillonnes, c’est un vrai plaisir. Par contre, il y a un gros problème d’équilibrage, et si ce n’est pas aussi horrible que dans un Crash Team Racing : Nitro-Fueled, c’est suffisamment prononcé pour faire souffler du nez. Bob (de Monstres & Cie) peut par exemple se téléporter vers l’avant à plusieurs reprises au sein d’une même course, ce qui lui donne un sérieux avantage. Les personnages les plus lents, de leur côté, n’ont aucun objet digne de ce nom pour rattraper un joueur éloigné du peloton. Un problème d’équilibrage bien évidemment renforcé par le côté light-RPG qui vient ajouter tout un tas de statistiques et des niveaux aux personnages, et aussi par le système monétaire directement hérité des modèles free-to-play. Autrement dit, les joueurs qui n’ont pas peur de mettre la main au portefeuille seront bien évidemment avantagés. Une belle surprise mais qui demande encore quelques ajustements. ♦ Visionner le Speedtest sur YouTube
Disney Speedstorm
★★★☆☆
![]()
S’il y a bien un sujet difficile à évoquer en jeu vidéo, c’est l’ennui. Comment retranscrire ce sentiment à travers une expérience vidéoludique, tout en conservant – justement – la partie ludique ? C’est la question que s’est forcément posée Krillbite Studio en forgeant Mosaic (2020), un jeu purement narratif où l’on suit un homme, sans nom, enfermé dans la plus monotone des routines : le sacro-saint métro, boulot, dodo. D’une certaine manière, Mosaic est un peu le miroir vidéoludique de la série Severance de Ben Stiller. Les deux œuvres explorent les mêmes thématiques : l’ennui donc, mais surtout l’aliénation au travail. Et ce qui est fort avec Mosaic, c’est que le jeu nous fait réellement vivre cette dépossession en nous demandant d’exécuter des tâches que l’on ne comprend pas vraiment, mais auxquelles on s’abandonne volontiers. Ces tâches prennent la forme d’un mini-jeu cryptique qui aurait aussi bien pu ressembler à un Tetris ou à n’importe quel autre puzzle-game. Autrement dit, en plus de celui du monde du travail, Mosaic vient également questionner notre rapport au jeu. Tout simplement un petit bijou !
Mosaic
★★★★☆
![]()
Dead Island 2 (2023), c’est un peu le Benjamin Button du jeu vidéo : à peine lancé, et le titre fait d’ores et déjà figure d’antiquité. Contrairement à son aîné qui est arrivé avec un concept original, il ne reste à Dead Island 2 que sa dimension décomplexée, marque de fabrique de la licence. L’expérience en est d’ailleurs parfaitement consciente puisqu’elle joue sans cesse de son étiquette « jeu fun » pour tenir le joueur éveillé et faire oublier tout le retard qu’elle a accumulé au fil des reports. Il faut dire qu’entre 2015, date de lancement prévue initialement, et 2023, l’industrie vidéoludique a bien grandi. Dead Island n’est donc plus une exception dans notre paysage et se confronte à tout un tas d’opposants, à commencer par les jeux en réalité virtuelle qui ont complètement bouleversé la formule. Du coup, difficile de passer outre son humour rétrograde et ses affrontements mous du genou qui ne proposent, en plus, aucune évolution de gameplay de l’introduction au grand final (qui débarque après un peu moins d’une dizaine d’heures de jeu). ♦ Visionner la critique sur YouTube
Dead Island 2
★★☆☆☆
![]()
Intemporel ! Le temps d’une coupure de courant de trois jours suite à une tempête verglaçante (eh oui, j’habite au Québec), j’ai relancé Tetris (1989). Et c’est assez fou de constater une fois de plus que ce petit jeu ultra-minimaliste est tout simplement parfait. C’est un titre sans pitié et pourtant accessible au plus grand nombre, un jeu addictif à la durée de vie infinie et une œuvre magnifique seulement composée de formes géométriques. Ce qui est drôle également, c’est que beaucoup ont essayé de reprendre la formule, mais peu ont réussi à atteindre sa profondeur, et ce, malgré les années qui passent. De mémoire, j’ai simplement Columns – un jeu sorti sur MegaDrive – et Tetris Effect qui lui arrivent à la cheville. Le premier pour son ambiance réussie et sa simplicité, et le second parce qu’il arrive à retranscrire la magie Tetris tout en agrémentant la formule d’une dimension musicale supplémentaire.
Tetris
★★★★☆
![]()
On est bien loin du spectacle que peut offrir un Resogun ! R-Type Final 3 Evolved (2023), c’est la fainéantise incarnée ! Le jeu – en plus d’être qu’une simple compilation deluxe de R-Type Final 2 (oui, le titre est trompeur) – arrive à nous faire regretter l’épisode sorti en 2003 sur PlayStation 2 : il manque cruellement de dynamisme. Mais, pour être tout à fait honnête, c’est un peu le cadet de nos soucis. Cette proposition regorge de défauts et d’imprécisions qui ne sont en rien compatibles avec le genre dans lequel il s’inscrit : le shoot’em up. On parle ici de hit-boxes complètement à la ramasse, de problèmes de collisions et surtout, d’un gros souci de fluidité. Oui, R-Type Final 3 Evolved ose ramer quand un trop grand nombre d’ennemis s’aventurent sur l’écran, ce qui est tout simplement une hérésie au vu du genre. Vous l’avez compris, c’est un titre à éviter. ♦ Lire le test sur GamingNewZ
R-Type Final 3 Evolved
☆☆☆☆☆
![]()
Bon, suis pleinement convaincu par Resident Evil 4 Remake (2023) ! J’avais du mal au début à cause du mode Normal qui manque cruellement d’intensité, mais en Hardcore, c’est du tout bon. Bien sûr, le titre ne marquera pas autant les esprits que son illustre modèle, mais il ne reste pas moins une excellente production qui dépoussière l’objet d’origine. La structure, maintenant épurée, gagne en efficacité. Elle ne laisse place à aucun temps mort, affirme davantage son envie de grands spectacles hollywoodiens – même si quelques idées de mises en scène ont malheureusement disparu – et surtout ne cesse de varier les approches. Si au début le titre se contente d’être un shooter pur et dur, par la suite, le soft jongle avec les codes du survival/horror, propose des mini-jeux, des zones plus ouvertes, etc. Mais le plus intéressant finalement, est que l’arrivée de ce remake renforce le sentiment que le jeu d’action n’a que peu évolué en près de 20 ans, et ça, c’est triste. ♦ Lire le test sur GamingNewZ
Resident Evil 4 Remake
★★★☆☆
![]()
Affreux ! Dès son introduction, Mile High Taxi (2023) expose ses limites, te dit clairement qu’il ne tiendra pas ses promesses : sur les 800 étages de la ville, seuls 50 sont accessibles. Encadrer un terrain de jeu n’est pas un problème en soi, surtout si cela peut favoriser le bon fonctionnement d’une formule, mais pour un premier contact avec le jeu, il faut avouer que c’est décevant. Toutefois, et j’imagine que vous vous en doutez, ce souci – finalement mineur –, n’est pas le seul problème du soft. Mile High Taxi a tout de l’œuvre malhonnête et opportuniste : le chara-design des trois personnages est exécrable, les animations le sont tout autant, les références au Cinquième Élément sont insérées au chausse-pied et l’humour, si l’on peut appeler ça ainsi, est problématique. Reste un gameplay arcade qui fait le job, mais le tout trouve vite ses limites, la faute à un manque certain de challenge et à un level-design générique au possible. ♦ Lire le test sur GamingNewZ
Mile High Taxi
☆☆☆☆☆
![]()
Fort d’une direction artistique sobre et réussie, Outlanders (2023) s’assure une compatibilité avec le maximum de machines tout en restant plus qu’agréable à l’œil ; le cycle jour/nuit met en avant de jolis effets de lumière, les aplats de couleurs contrastent avec les bâtiments détaillés et pleins de charme, et les différentes animations des personnages sont réussies. Minimalisme et accessibilité sont deux arguments qui font bien évidement écho aux ambitions du titre qui se veut être un jeu de gestion pour les nuls. Parfois plus proche du casse-tête que de la gestion pure et dure – du fait d’un manque de ressources sur chaque île –, Outlanders accompagne intelligemment le joueur pour l’amener vers le succès et ne surcharge jamais l’écran d’informations ou de tâches à accomplir. Mais si Outlanders est une bonne pioche pour tous ceux qui sont étrangers au genre, pour les autres, c’est beaucoup moins vrai. N’étant moi-même pas un expert en jeu de gestion, j’ai vite trouvé que ça manquait de profondeur, ou plutôt de complexité. Pour preuve, j’ai parfois laissé mes villageois faire leurs petites affaires des heures durant sans que j’en sois pénalisé. Pire, en faisant cela, j’ai même réussi à plusieurs reprises, pour ne pas dire tout le temps, à remplir les objectifs demandés. Rapidement, le joueur est placé en position de passivité, une erreur qu’une production vidéoludique ne doit jamais commettre. Outlanders, c’est donc une jolie trouvaille, mais qui s’adresse avant tout aux néophytes. ♦ Lire le test sur PADologie
Outlanders
★☆☆☆☆
![]()
Merveilleux ! C’est le premier mot qui me vient à l’esprit lorsque je pense à Hogwarts Legacy (2023). Le second est fastidieux. Présenté comme un rêve éveillé pour tous les fans de la saga, le titre est, dans un premier temps, bien plus : un bon jeu qui s’adresse également aux nouveaux venus. Moi qui n’en ai strictement rien à faire des niffleurs, des Poufsouffle et de la famille Black, eh bien, je dois l’avouer, j’étais sous le charme. Pendant ses 15 premières heures, Hogwarts Legacy m’a transporté, m’a donné envie d’explorer, d’en savoir plus et m’a mis des étoiles dans les yeux… Faut dire que le tout ressemble à un gigantesque parc d’attractions où chaque intérieur, chaque village fourmille de détails, de petites animations. Toutefois, et c’est bien là la première chose que j’aurai à reprocher à Hogwarts Legacy, ce merveilleux paraît aussi extrêmement artificiel. Un aspect renforcé par le fait que la majorité des PNJ rejouent sans cesse les mêmes animations et que les environnements ne sont, justement, que des environnements. Bien souvent, les différentes salles n’ont qu’une seule utilité, celles de servir de musée virtuel ou, plus fréquemment, d’accueillir une quête. Par exemple, la Salle Commune ne sert à rien d’autre qu’à souhaiter la bienvenue au joueur. Cet aspect aurait pu être amoindri si Avalanche Software s’était inspiré de Canis Canem Edit (Bully) en mettant en avant une dimension rôle-play et en utilisant davantage la grammaire de l’école. Contrairement au jeu de Rockstar Games qui proposait d’évoluer au même rythme que l’université, Poudlard se plie aux volontés du joueur : il n’y a pas d’horaire à respecter, puisque les cours sont directement intégrés dans la quête principale, et il n’y a pas non plus de mini-jeux qui donnent l’impression d’appartenir à ce monde. Sur le long terme, c’est dérangeant. Mais finalement, le gros défaut de Hogwarts Legacy est qu’une fois la découverte passée, la magie laisse place à l’ennui, la faute à une forme de remplissage qui se fait de plus en plus sentir, une histoire qui ne décolle jamais et des personnages insupportables, dont la principale caractéristique est d’être de gros lèche-culs. On ne joue plus qu’alors en pilote automatique, avec pour seul objectif, celui de voir le générique de fin.
Hogwarts Legacy
★★★☆☆
![]()
Au-delà de sa mignonitude et de son esthétique vraiment maîtrisée, Blanc (2023) n’est qu’un titre paresseux qui ne tient aucune de ses promesses. L’exploration, limitée, est constamment régie par des actions contextuelles et, surtout, il n’y a aucune cohésion entre les personnages. Il est impossible d’interagir avec son coéquipier au-delà des séquences scriptées et l’aspect coopération se limite finalement à bouger une planche et faire la courte échelle de temps en temps. À l’image de Journey, le jeu aurait dû offrir la possibilité de communiquer avec des sons, ou mieux, de permettre à tout moment au bébé loup de se blottir dans les pattes du petit faon. Ici, rien de tout ça. On se contente alors de réaliser les tâches qui nous sont imposées et de contempler les magnifiques panoramas. L’avantage, c’est que le tout se fait à deux et se plie en moins de trois heures. ♦ Visionner le Speedtest sur YouTube
Blanc
★☆☆☆☆
![]()
En s’assumant en tant que Salon de l’Auto virtuel et RPG-light du jeu de bagnole avec GT7 (2022), la saga Gran Turismo côtoie à nouveau les cieux. À vrai dire, cela faisait bien longtemps que je n’avais pas autant pris mon pied sur un jeu de la franchise ; depuis Gran Turismo 4 pour être précis. Bien sûr, il y a encore de grosses faiblesses ici et là, GT7 n’incarne toujours pas la vitrine technologique qu’il est censé être et fait encore et toujours avec les tares de ses aînés : les menus sont indigestes, l’ATH est plus qu’envahissante et la caméra est rigide au possible. Mais avec l’arrivée de la vue interne pour tous les véhicules et des différentes fonctionnalités de la DualSense, tous ces problèmes sont balayés d’un simple revers. Il faut dire que manette en mains, l’immersion est totale : ça, on le doit aux vibrations haptiques et aux gâchettes adaptatives qui changent complètement la donne. On sent sous ses doigts la puissance du frein, les aspérités de la route, les chicanes, etc. Aujourd’hui, j’ai même du mal à imaginer un jeu de course sans ces ajouts, tant ils sont bien plus que de simples gadgets. Pour en revenir à GT7, mon principal reproche finalement concerne le mode Café. Il bombarde le joueur de récompenses, l’empêchant ainsi de s’attacher à un bolide en particulier et de bien réfléchir lors de l’achat d’un véhicule. Pour cet aspect, je regrette vraiment GT4 qui, pour moi, reste inégalé.
Gran Turismo 7
★★★★☆
![]()
Menu Maxi Best-Of de la série, Overcooked ! All You Can Eat (2020) ne réinvente rien, mais s’apparente comme la collection à ne pas manquer si vous n’avez pas déjà fait les jeux de base ; il réunit les deux opus sortis sur PC, PlayStation 4, Xbox One et Nintendo Switch, ainsi que la totalité de leurs DLC respectifs. Cette gigantesque compilation ajoute même quelques friandises comme des bugs (yes) et de nombreux personnages jouables supplémentaires (la vraie plus-value de cette édition). Deux épisodes qui s’affirment à nouveau comme d’excellents party-game aussi accessibles qu’intelligents. Chaque niveau – et il y en a beaucoup – est pensé pour apporter sa dose d’idées en forçant tantôt les joueurs à jouer de la rapidité, tantôt d’établir de vraies stratégies et surtout de communiquer. C’est fort, c’est complet, c’est fun, et donc, c’est plus que recommandé.
Overcooked ! All You Can Eat
★★★☆☆
![]()
D’une certaine manière – tout du moins, en ce qui concerne la copie PC (les versions consoles ne sont malheureusement pas concernées) –, NFS Unbound (2022) retrouve la mentalité d’un Def Jam : Icon en mettant la musique au centre de l’expérience. Oui, avant même d’être un jeu de bagnole, NFS Unbound est un titre musical ! C’est la musique qui rythme les courses, qui pousse à aller toujours plus vite et qui dynamise l’action ; grâce aux vibrations de la manette, à chaque basse, la bande-son s’injecte directement à travers nos doigts comme un shot d’adrénaline. Cette idée, qui donne enfin l’impression d’être dans un Fast & Furious, renforce toutes les sensations, et transforme du tout au tout la recette Need For Speed qui stagnait depuis de trop longues années maintenant. Par contre, pour un jeu qui n’a rien à dire, NFS Unbound est extrêmement bavard. Je ne comprends pas pourquoi la saga s’obstine à toujours tout scénariser, surtout que là, ça vient nuire à tout le travail réalisé sur la partie sonore.
NFS Unbound
★★☆☆☆
![]()
Dès son annonce aussi rock’n’ roll que son sujet, Hi-Fi Rush (2023) dévoile une énergie débordante que l’on retrouve, fort heureusement, manette en mains. Le titre de Tango Gameworks, en plus d’avoir la musique dans la peau, a l’âme d’un dessin animé. Les animations sont à couper le souffle et les environnements colorés dévoilent une profondeur de champs absolument dingue : l’introduction en met tout simplement plein la vue. Mais cette générosité contagieuse des premières minutes s’efface vite au profit d’une proposition qui, finalement, est beaucoup plus terne qu’annoncée. Les grands espaces laissent place à des couloirs monotones tandis que les séquences dantesques et ingénieuses des premiers instants attendent la dernière ligne droite pour faire leur grand retour. Entre temps, l’aventure ressemble a un gigantesque tutoriel long de six heures dont la structure est aussi prévisible qu’assommante. Les phases de plates-formes sans réelle plus-value occupent la trop grande majorité de l’aventure, tandis que les affrontements, pourtant très bons au demeurant, sont bien trop courts, dispersés et entrecoupés d’idées qui viennent sans cesse casser la dynamique. C’est simple, on a l’impression que le jeu ne décolle jamais. Autrement dit, pour un beat’em up musical, Hi-Fi Rush manque clairement de rythme.
Hi-Fi Rush
★☆☆☆☆
![]()
Evil West (2022) a une bonne génération de retard, mais bizarrement, ce n’est pas un problème… Au contraire ! Bien conscient de ce qu’il est – un jeu au budget et aux ambitions modestes –, Evil West ne s’autorise aucun écart, aucune fioriture, il s’oblige à aller à l’essentiel… Et putain qu’sa fait du bien. Alors oui, la construction accuse son âge, le level-design est archaïque, la direction artistique fait bien trop souvent côtoyer le magnifique avec l’affreusement laid et les bugs sont légions, mais ce que l’on retient finalement c’est, dès lors qu’il s’attelle à faire la seule chose qu’il sait faire, la bagarre, il a une pêche monumentale. Ça explose de partout, le bestiaire est varié, la difficulté parfaitement dosée, et il y a mine de rien une petite dimension stratégique fort bienvenue ainsi qu’un vrai sentiment d’évolution. Franchement, je n’ai aucune honte à le dire : Evil West a bazardé God of War : Ragnarök de mon Top 3 2022 pour lui dérober la place.
Evil West
★★★☆☆
![]()
C’est décidé, The Quarry (2022) est le dernier jeu Supermassive Games que je prends la peine d’acheter. Si Until Dawn s’est révélé être une production rafraîchissante, c’était aussi un jeu bourré de défauts. Mais vu que c’était leur première tentative et une formule assez nouvelle, c’était excusable. Le problème, c’est que 7 ans et 5 jeux plus tard, le studio nous sert encore et toujours la même soupe avec exactement les mêmes problèmes : les discussions entre les personnages sont lunaires, les situations improbables et le tout est bourrée d’incohérences – pourquoi tu penses à ken quand y a des tueurs et des monstres à tes trousses ? C’est d’ailleurs assez drôle de remarquer que The Quarry fonctionne mieux quand les enjeux ludiques ne sont plus vraiment au centre de l’attention (cf. chapitre 7) et quand la majeure partie des personnages ont disparu du cadre. J’ai détesté l’expérience, vraiment, et si j’éprouve de la sympathie pour The Quarry, c’est uniquement pour son grand final qui vient apporter sa dose de sensation forte… Mais vous l’avez compris, pour le vivre, il faut se fader une mise en place mal écrite et insignifiante longue de 7 heures. Avec cette politique de l’autruche – qui consiste à ne jamais écouter les retours –, Supermassive Games ne peut que suivre le triste chemin de Telltale Games…
The Quarry
★☆☆☆☆
![]()
Bon, j’m’en doutais un peu, mais The Callisto Protocol (2022) n’est pas la purge injouable absolue qu’on a voulu nous faire croire. Il n’est pas non plus ce jeu trop bavard qui donne conseil sur conseil ; j’aurai aimé autant de verve de la part des joueurs pour pointer du doigt les dialogues didactiques incessants de God of War : Ragnarök et d’A Plague Tale : Requiem, vraiment. Avec ce bashing (que je trouve injustifié), j’aurai pu passer à côté de ce jeu qui, certes, est loin d’être parfait, mais s’inscrit tout de même comme un blockbuster vidéoludique réussi. Si des phases de jeu sont particulièrement loupées comme toute la partie infiltration – alors qu’il suffisait de pomper allègrement les idées de The Last of Us – et s’il y a quelques flottements lors des combats, The Callisto Protocol assure le spectacle, et c’est peut-être là l’important. J’aurais d’ailleurs tendance à le comparer à Uncharted 2 plutôt qu’à un Dead Space tant il partage une même volonté : celle d’en mettre plein la vue – ce qu’il parvient à faire. Les panoramas sont somptueux, les différentes situations spectaculaires et les affrontements viscéraux, même si, une fois de plus, souvent imprécis. Ce que je regrette le plus finalement, c’est sa structure. Elle aurait gagné à être moins linéaire, et donc plus organique. Plutôt que de suivre un chemin tout tracé, j’aurai aimé me perdre pour peut-être ressentir l’aspect anxiogène que tentent de me communiquer les lieux et la caméra rapprochée. Dans The Callisto Protocol, jamais je n’ai avancé à reculons et jamais je ne me suis senti en danger, même en jouant dans la plus haute difficulté. Jacob, en plus de filer toujours tout droit semble, dès le début, surhumain et peut très vite se sortir de n’importe quelle situation.
The Callisto Protocol
★★☆☆☆
![]()
Vu que j’aime bien râler, je commence l’année 2023 avec une petite déception : Prodeus (2022). À première vue, Prodeus a tout pour être ce bonbon au goût de nostalgie. Le titre embrasse tous les codes du fast-FPS à la perfection : ça bouge bien et vite, et les différentes armes semblent surpuissantes ; ça, on le doit aux animations qui sont d’une grande justesse et aux gerbes de sang plus que généreuses. Mais dès qu’on entre plus en détail, on se rend compte que Prodeus est loin de la maestria de DOOM, son modèle. Le level-design trouve vite ses limites une fois le double saut et le dash débloqués – les niveaux n’ont pas été conçus pour ces types de déplacement – et le gameplay manque d’un petit quelque chose. C’est simple, contrairement à DOOM qui, malgré son côté bourru, arbore une approche stratégique du terrain – le joueur se doit d’analyser les différents types d’ennemis qui l’entourent pour savoir qui attaquer en premier et comment –, dans Prodeus, on entame chaque bataille de la même manière ; ce qui installe d’ailleurs une forme de routine manette en mains. Aucune arme n’est plus utile qu’une autre pour réduire un ennemi, et aucun adversaire n’est prioritaire sur un autre. À quelques exceptions près, on tue tout ce qui bouge sans même prendre le temps de réfléchir. Pour moi, cette approche beaucoup trop frontale des combats dessert le jeu sur le long terme, surtout qu’il s’étire énormément en longueur, quitte à demander aux joueurs d’enchaîner des niveaux insipides tout le temps de sa dernière partie. Attention, tous ces défauts ne font pas de Prodeus un mauvais jeu, bien au contraire – le jeu est sûrement dans le haut du panier des fast-FPS –, mais laisse indéniablement un goût amer dans la bouche…
Laisser un commentaire